Petit jeu au golf : 10 exercices pour scorer davantage
Par l'équipe Break80 · Mis à jour juillet 2026
Le petit jeu — approches, wedging, putting — représente plus de la moitié des coups d'un golfeur amateur, et pourtant il occupe rarement plus d'un quart de son temps d'entraînement. Ce déséquilibre est une opportunité : c'est le secteur où quelques heures bien investies produisent le plus de coups gagnés. Encore faut-il s'entraîner autrement qu'en tapant des balles au hasard autour d'un green. Cet article vous donne dix exercices précis, mesurables et progressifs, puis vous montre comment les organiser en deux séances de 30 minutes par semaine.
Pourquoi le petit jeu est le raccourci le plus rapide vers de meilleurs scores
Comparez deux chantiers. Gagner dix mètres au drive demande des mois de travail technique et physique, et ne change souvent rien au score : vous jouez le coup suivant avec un fer 8 au lieu d'un fer 7. Transformer trois approches ratées en trois approches à 2 mètres du drapeau, en revanche, retire directement des coups de la carte.
Le petit jeu a trois avantages décisifs pour l'amateur :
- Il ne demande ni force ni vitesse. Un joueur d'index 30 peut atteindre un niveau de chipping tout à fait honorable, alors que le plein swing d'un professionnel restera hors de portée.
- Il progresse vite. Les gestes sont courts, simples, et se répètent en grand volume : cinquante chips en 20 minutes contre une trentaine de plein swings dans le même temps.
- Il rattrape le grand jeu. Un green manqué suivi d'un up-and-down — une approche puis un putt — coûte zéro coup. Le petit jeu est votre assurance contre les imprécisions du reste du jeu.
Si vous cherchez le chemin le plus court pour passer un cap de score, c'est ici qu'il commence.
Comment utiliser ces exercices : mesurer, noter, répéter
Trois règles transforment ces exercices en véritable entraînement.
Mesurez. Chaque exercice de cette liste produit un score chiffré. Sans score, impossible de savoir si vous progressez, et l'entraînement dérive vers la répétition confortable de ce que vous savez déjà faire.
Notez. Tenez un carnet ou une note sur votre téléphone : date, exercice, score. En quatre semaines, vous verrez des courbes — et vous saurez lesquels de ces dix exercices méritent plus de temps.
Répétez dans la difficulté réelle. Variez les lies, les distances et les pentes. Dix chips depuis un lie parfait vers le même drapeau entraînent votre confort, pas votre golf. Et jouez chaque balle avec votre routine complète dès que l'exercice est noté : c'est la condition du transfert vers le parcours, exactement comme pour une séance de practice efficace.
Un dernier point : les exercices 1 à 6 supposent une zone de petit jeu ou un coin de green d'entraînement. Les exercices de putting (7 à 9) se pratiquent partout, y compris sur un tapis à la maison.
Exercices de chipping (1-3) : la cible concentrique, le club unique, le par 2
Exercice 1 : la cible concentrique
Posez trois cercles autour d'un trou : des tees ou des gants à 1 mètre, 2 mètres et 3 mètres. Chippez dix balles depuis le bord du green, à 10 ou 15 mètres du drapeau. Barème : 3 points dans le premier cercle, 2 dans le deuxième, 1 dans le troisième, 0 au-delà. Score sur 30.
Cet exercice apprend la seule chose qui compte au chipping : la distance. Un chip sur la bonne ligne mais 4 mètres trop long laisse un putt difficile ; un chip approximatif en ligne mais parfaitement dosé laisse une formalité. Rejouez-le chaque semaine depuis la même position pour suivre votre progression, puis variez les positions.
Exercice 2 : le club unique
Prenez un seul club — un fer 8 par exemple — et jouez dix approches vers des drapeaux à des distances différentes, de 8 à 25 mètres. Interdiction de changer de club : vous devez faire varier la distance uniquement par l'amplitude du geste et la position de la balle.
Cet exercice développe le toucher, c'est-à-dire la capacité à produire une distance à la demande plutôt qu'une distance standard. Il vous apprend aussi ce que chaque club fait naturellement : un fer 8 qui roule beaucoup, un sandwedge qui s'arrête vite. Cette connaissance nourrit directement vos choix de coups aux approches.
Exercice 3 : le par 2
Lâchez six balles autour d'un green, dans des situations variées : lie tondu, semi-rough, montée, descente. Jouez chaque balle jusqu'au fond du trou : l'approche puis le ou les putts. Chaque balle est un par 2. Comptez votre score total pour six trous : le par est 12, un bon score amateur se situe entre 13 et 15.
C'est l'exercice le plus proche du parcours : une seule balle, une situation imposée, et le putt qui compte autant que l'approche. C'est aussi le meilleur test de votre niveau réel de petit jeu.
Exercices de wedging (4-6) : l'horloge des distances, la fenêtre de trajectoire, le 9 balles
Exercice 4 : l'horloge des distances
Avec votre wedge préféré, frappez cinq balles avec trois amplitudes de backswing : mains à hauteur de hanche (8 heures sur un cadran imaginaire), mains à hauteur de poitrine (9 heures), mains à hauteur d'épaule (10 heures). Mesurez la distance moyenne de chaque amplitude et notez ces trois chiffres.
Répétez avec vos autres wedges : trois amplitudes fois trois wedges donnent neuf distances calibrées. Ces chiffres valent de l'or entre 30 et 90 mètres, la zone où l'amateur joue au jugé et où le score se fabrique.
Exercice 5 : la fenêtre de trajectoire
Choisissez une cible à 40 mètres et imposez-vous une fenêtre : cinq balles hautes qui doivent s'arrêter vite, cinq balles basses qui doivent arriver en roulant. Pour la balle basse : balle reculée dans le stance, mains devant, finish court. Pour la balle haute : balle avancée, face légèrement ouverte, finish complet. Un point par balle qui respecte la trajectoire demandée ET finit à moins de 5 mètres de la cible. Score sur 10.
Savoir produire deux hauteurs avec le même club double vos options autour des greens — notamment quand un obstacle ou une sortie de bunker vous interdit la trajectoire naturelle.
Exercice 6 : le 9 balles
Trois cibles : 30, 50 et 70 mètres. Jouez trois balles vers chaque cible, dans le désordre — jamais deux fois de suite la même distance, comme sur un parcours. Un point par balle finissant dans un rayon de 5 mètres. Score sur 9.
Le désordre est la clé de l'exercice : il vous oblige à recalibrer à chaque balle, exactement ce que le parcours exigera. Un conseil : filmez de temps en temps votre geste de wedging pendant cet exercice. La décélération dans la balle — le défaut numéro 1 sur ces distances — se voit immédiatement à la vidéo alors qu'elle ne se sent presque jamais. C'est le même réflexe d'objectivation qu'une analyse de swing Break80 : confronter la sensation à l'image.
Exercices de putting (7-9) : l'échelle, la porte, le tour du monde
Exercice 7 : l'échelle
Posez quatre repères à 4, 7, 10 et 13 pas. Puttez deux balles vers chaque distance, en montant puis en descendant l'échelle. Un point si la balle s'arrête à moins d'un mètre du repère. Score sur 16. C'est l'exercice anti-trois-putts par excellence : il entraîne le dosage des longs putts, la compétence qui décide du nombre de vos deuxièmes putts courts.
Exercice 8 : la porte
Sur un putt droit de 2 mètres, plantez deux tees formant une porte à peine plus large que votre putter, 20 centimètres devant la balle. Dix putts : la balle doit passer la porte et tomber dans le trou. Score sur 10. Cet exercice isole l'orientation de la face — le facteur qui gouverne la direction — et vous révèle votre tendance réelle si la balle touche toujours le même tee. Pour aller plus loin sur la face, le dosage et la routine, notre guide complet pour améliorer votre putting détaille toute la méthode.
Exercice 9 : le tour du monde
Placez six balles en cercle autour d'un trou, à 1,20 mètre, sur des pentes différentes. Rentrez les six à la suite. Une balle manquée : tout recommence. Comptez le nombre de tentatives nécessaires pour boucler un tour complet.
Cet exercice fabrique deux choses : la lecture des putts courts en pente — chaque position du cercle casse différemment — et la tolérance à la pression, car la sixième balle après cinq réussites pèse étonnamment lourd. C'est le meilleur simulateur de ce putt de 1 mètre pour sauver le par au 18.
Exercice 10 : le circuit complet up-and-down noté sur 20
L'exercice roi, à jouer en fin de séance ou comme séance entière. Choisissez dix situations autour d'un green, les plus variées possible : chip simple, pitch par-dessus un bunker, sortie de bunker, approche roulée de loin, lie dans le rough, balle en pente descendante, wedge de 40 mètres, etc.
Pour chaque situation, jouez une seule balle jusqu'au fond du trou. Barème par situation : 2 points si vous faites le up-and-down (approche plus un putt), 1 point si vous terminez en trois coups, 0 au-delà. Score sur 20.
Ce circuit est votre thermomètre de petit jeu. Il combine technique, choix de coup et pression, sans deuxième chance. Notez votre score à chaque passage : 8 sur 20 est un point de départ courant, 12 sur 20 marque un petit jeu qui sauve réellement des pars, 15 et plus est un niveau qui change une carte de score. Rejouez le circuit toutes les deux semaines avec des situations similaires pour comparer ce qui est comparable.
Construire sa semaine de petit jeu : 2 fois 30 minutes suffisent
Inutile de tout jouer à chaque séance. La régularité bat le volume : deux séances courtes et structurées par semaine produisent plus que quatre heures un dimanche par mois. Voici une organisation simple sur deux séances hebdomadaires.
Séance A — approches et wedging (30 minutes) :
- 5 minutes d'échauffement : chips courts sans cible, juste le contact.
- 10 minutes : un exercice de chipping (alternez la cible concentrique et le club unique d'une semaine à l'autre).
- 10 minutes : un exercice de wedging (l'horloge une semaine, le 9 balles la suivante).
- 5 minutes : trois up-and-downs joués avec routine complète, comme sur le parcours.
Séance B — putting (30 minutes) :
- 10 minutes : l'échelle (exercice 7).
- 10 minutes : la porte (exercice 8).
- 10 minutes : le tour du monde (exercice 9), puis dix putts de 50 centimètres rentrés d'affilée pour finir sur une réussite.
Toutes les deux semaines, remplacez la séance A par le circuit complet noté sur 20 (exercice 10) : c'est votre partie test, celle qui mesure si le travail paie.
Enfin, gardez la trace écrite de tous vos scores. Au bout d'un mois, votre carnet vous dira précisément où investir : si l'échelle progresse mais que le tour du monde stagne, vos putts courts en pente réclament du temps ; si le 9 balles plafonne, vos distances de wedge sont à recalibrer. Un entraînement de petit jeu piloté par les chiffres, c'est la différence entre s'occuper autour d'un green et progresser.